La société viking accorde une importance primordiale aux valeurs guerrières. Dès son plus jeune âge, le garçon viking est entraîné au maniement des armes. Qu'il soit agriculteur, marin, artisan ou commerçant, l'homme peut se transformer rapidement en guerrier et se joindre à des expéditions. Ces dernières sont proposées par les chefs et se font durant l'été. Certaines sont très lointaines et il s'agit alors d'un genre d'émigration avec femmes et enfants.[...]
Le nombre de l'équipée varie selon l'importance du navire, mais il s'agit probablement en moyenne d'une soixantaine d'hommes, le groupe étant connu par le nom de son chef. La méthode de combat préférée par les Vikings est le corps à corps. Ils foncent sur l'ennemi, groupés en formation serrée et protégés par un "mur de boucliers". Lors du choc, ils poussent l'adversaire avec leurs boucliers d'un bras, dégageant l'autre qui porte de puissant coup d'épée, de hache ou de javelot. La formation se désintègre ensuite en une multitude de corps à corps où l'élan et la valeur aau combat des Vikings s'avèrent de puissants avantages. la vaillance des Vikings n'est pas aveugle. Face à une solide résistance, ils sont sensibles aux pertes inutiles pouvant découler de l'entêtement; ils préfèrent alors se retirer pour mieux attaquer un autre jour.
Pour se protéger, les Vikings construisent des ouvrages défensifs de terre entourés de palissades en bois, dont l'exemple le plus connu est le camp militaire de Trelleborg au Dannemark. [...]
L'arsenal du guerrier viking est plus ou moins élaboré selon les moyens, mais chacun est bien équipé d'arme offensives, la hache étant maniée de façon redoutable. On lui donne souvent un nom, par exemple Hel (le nom de la déesse de la mort). Les Vikings prisent aussi l'épée à large lame en acier à double tranchant longue d'environ 30 centimètres. Elle est entourée d'un certain symbolisme mystique, particulièrement s'il s'agit d'une arme transmise de génération en génération. Tout comme la hache, on lui donne souvent un nom, par exemple Gullinhjatli ("longue et tranchante"). Le javelot est aussi utilisé courament et il en éxiste deux types: le javelot d'estoc pour le combat au corps à corps, lourd et muni d'une lame relativement large, et le javelot de jet, plus léger et doté d'une lame plus mince. Enfin, chaque guerriers porte un couteau attaché à sa ceinture. Pour le combat à distance on utilise parfois l'arc et les flèches.[...]
Parmi les armes défensives, le bouclier s'avère le plus important et tout guerrier en possède un. Il est circulaire, construit en bois, et peut être recouvert de cuir et cerclé de métal. Au centre se trouve l'ombon, une bosse en fer qui protège le poing. Le bouclier est souvent peint. A cet égard, la Saga d'Erik le Rouge nous dit qu'au Vinland, Karlsefni montre "un bouclier blanc" en signe de paix aux autochtones mais que ses hommes prennent "leurs boucliers rouges" pour les combattre. Le rouge est en effet la couleur la plus populaire pour les boucliers vikings, le jaune, le noir et le blanc venant loin derrière. Certains boucliers sont multicolores et arborent des dessins géométriques ou des représentations de créatures mythiques, comme des dragons. Il semble que la majorité des guerriers possèdent un casque en fer, habituellement très simple, de forme conique, ayant souvent une simple languette de fer pour protéger le nez. Notons ici que les cornes, si souvent présentes dans l'imagerie populaire, n'ont pas orné les casques de ces guerriers nordiques; les sources spécialisées sont unanimes à ce sujet. Il faut ajouter qu'un tel ornement serait non seulement encombrant mais dangereux pour le porteur dans le combat au corps à corps favorisé par les Vikings. La cotte en maille de fer est beaucoup est beaucoup moins fréquemment portée en raison de son coût très élevé. Il est probable que seuls les chefs et les hommes les plus prospères (sans oublier ceux qui en ont dépuillé des guerriers ennemis) en possèdent. [...]
R. Chartrand, Prétorien n°6