Conte breton

Le chêne au duc

En ces temps-là, les Français venaient faire la guerre aux Bretons dans leur pays. Le duc de Bretagne avait appelé tous ses hommes afin de repousser les ennemis du Gâvre. Arrivés là, les gens leur dirent que de l'autre côté du bois, on voyait des soldats et que la campagne en était toute remplie
Comme la nuit était proche, le duc résolut de coucher au pied d'un gros chêne, à l'endroit qui passe pour être l'exact milieu de la forêt. L'un des compagnons du duc lui dit qu'il avait entendu autrefois parler de ce chêne: on racontait en effet que tous ceux qui passaient la nuit au pied de cet arbre comprenaient le langage d'un oiseau qui chantait sur les branches. Et cet oiseau prédisait l'avenir.
Le duc ne voulut pas croire ce que disait son compagnon. Quand on eut arrangé un bon lit de fougères, avec des branchages par-dessus, à cause de la neige qui tombait, le duc se coucha et, comme il était très fatigué, il s'endormit aussitôt.
Or il venait à peine de sombrer dans le someil qu'un gros corbeau vint se percher sur l'arbre et se mit à croasse. Le duc l'entendait dans son sommeil, et le corbeau disait:
"Conquereu,conquereu,conquereu!"
Et cela dura comme ça toute la nuit.
Au petit jour, alors que le soleil essayait de percer le brouillard, un page, que l'oiseau ennuyait, lui tira une flèche de façon si adroite que le corbeau fut touché et tomba au pied de l'arbre. Son sang fit une grande tache rouge sur la neige blanche.
Le duc se leva avec ses hommes. Comme il n'était pas encore bien réveillé, il répétait:
"Conquereu,conquereu,conquereu!"
Et il disait cela éxactement comme le corbeau.
Or, entendant le duc répéter toujours la même chose et voyant le sang sur la neige, les soldats crurent de bonne foi qu'il était blessé et qu'il les encourageait au combat. Ils prirent leurs armes et sortirent du bois. Ils se précipitèrent vers Conquereuil, qui se trouve au nord de la forêt du Gâvre parce qu'ils croyaient que c'était le nom que prenonçait le duc. Arrivés là, ils trouvèrent les Français qui venaient à peine de se réveiller et qui étaient encore tout gelés par la nuit qu'ils avaient passée en plein air. Les Bretons en profitèrent: ils leur tombèrent dessus d'une ruée si impétueuse et si chaude qu'ils les écrasèrent tout net, et que depuis, ils n'y revinrent plus.
C'est pour cela que le chêne du milieu de la forêt du Gâvre s'appelle encore le Chêne du Duc. On l'a toujours bien protégé, mais à présent les forestiers ont abattu les arbres autour de lui, et il n'en a plus pour bien longtemps.

source: Contes populaires de toutes les Bretagne, Jean Markale
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 10:24

La loi du viking


Bientôt, quittant le fjord, sur l'océan immense,
Comme un oiseau léger, l'Ellide se balance.
Frithiof s'occupe alors de mettre par écrit
Le statut du Viking conçu dans son esprit.
Écoutez ce qu'il dit:"Tu n'auras d'autre tente
Que la voûte du ciel: le Viking s'en contente;
Dors sur ton bouclier, ton épée à la main;
Ne t'enferme jamais: rien n'est plus incertain;
Ne crains pas d'affronter de près ton adversaire:
C'est avec ton marteau de Thor, dans sa colère,
Assomme les géants; celui qui n'a pas peur
N'a pas besoin d'avoir une arme de longueur;
Mets la voile au plus haut quand souffle la tempête,
Car c'est le vrai moment où la mer est en fête;
"Lâche qui se dérobe! Il mérite la mort:
Il vaudrait mieux sombrer tout de suite.- A ton bord
Qu'une femme jamais par toi ne soit admise!
Les femmes, c'est assez qu'à terre on les courtise:
Toujours on est trompé par leurs airs séducteurs,
Et leurs jolis cheveux sont un piège à nos c½urs.
Bois du vin sans excès, s'il t'en prend fantaisie:
A la mer, un faux pas peut te coûter la vie;
Si quelque trafiquant t'appelle à son secours,
Qu'il te paie un tribut! Et souviens-toi toujours
Que les biens d'ici-bas appartiennent aux braves!
Tu règnes par le fer, dont l'or n'est que l'esclave;
Le sort doit décider quelle sera ta part
De butin; hors de là, point de jeu de hasard:
L'honneur te les défend.-S'agit-il de combattre,
Un Viking doit avoir de l'entrain comme quatre,
Ne jamais reculer, vaincre à tous prix, courir
Au devant du danger et,s'il le faut, mourir,
Sous peine d'être exclu de nos rangs; la clémence
Doit suivre la victoire en toute circonstance;
L'ennemi désarmé veut être respecté:
Le traiter sans égards, ce serait de la lâcheté.
Si tu veux parmi nous faire bonne figure,
Attends au lendemain pour panser la blessure
Reçue en combattant: c'est un honneur pour toi!
Tel sera ton salut, autrement dit, ta loi."

Essais Tegner, La saga de Frithiof
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# Posté le jeudi 07 mai 2009 09:19

Sacrifice humain chez les gaulois

"La nation des Gaulois est, dans son ensemble, très adonnée aux pratiques religieuses; c'est pourquoi ceux qui sont atteints de maladies graves, ceux qui vivent dans les combats et leurs périls, immolent ou font v½u d'immoler des êtres humains en guise de victimes[.... Ils pensent que c'est seulement en rachetant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme que la puissance des dieux immortels peut être apaisée [...]. Certains ont des mannequins d'une taille énorme, dont ils remplissent d'hommes vivants la carapace tressé d'osier; l'on y met le feu et les hommes périssent enveloppés par la flamme."

Jules César, La Guerre des Gaules
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# Posté le jeudi 07 mai 2009 09:20